Motricité, activité physique, sport, autisme, syndrome d’Asperger, etc.

Sur le blog de l’excellent J-C Grellier, ( lein en fin d’article) vous trouverez ce type d’informations soutenues par des preuves scientifiques :
« SPORT ET AUTISME » selon Jean Massion¹ :
Que peut apporter la pratique des activités physiques et sportives à l’enfant avec autisme, compte tenu de ses difficultés dans les domaines perceptifs, moteurs, de communication, de socialisation ? Il faut se rappeler ici que l’enfant avec autisme est un être en développement, qui apprend comme l’enfant normal, mais à un rythme plus lent et que les dysfonctionnements qu’il présente peuvent être compensés en tout ou en partie par l’exercice. L’activité physique et sportive constitue en fait un moyen privilégié pour l’enfant avec autisme de développer ses capacités dans toutes les fonctions qui demandent à être améliorées, aussi bien dans les domaines sensori-moteurs, que dans ceux de la communication et de la socialisation, parce qu’elle apporte un cadre motivant, lié au plaisir de la pratique sportive et à l’estime de soi qu’elle engendre. L’élément déterminant pour le succès de ces apprentissages est de disposer d’un encadrement par un expert des activités physiques adaptées.
II. « EFFETS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE SUR LES TROUBLES DU SPECTRE DE L’AUTISME » selon Michelle Sowa et Ruud Meulenbroek² :
 
L’activité physique est reconnue comme une thérapie potentielle pouvant atténuer certains symptômes des TSA. Tous les programmes d’activité physique ont déclenché des progrès importants des habiletés sociales et motrices. Les interventions physiques individuelles ont présenté une atténuation importante des symptômes de TSA, tant dans les habiletés sociales que motrices, comparativement aux interventions de groupe. En d’autres termes, les interventions individuelles ont une incidence plus marquée que les interventions de groupe. Les activités dont il faut tenir compte et qui ont occasionné une amélioration des habiletés sociales et motrices chez les sujets présentant des TSA sont les activités aquatiques, le jogging et d’autres activités.
III. « L’ACTIVITÉ PHYSIQUE EST-ELLE BÉNÉFIQUE POUR LES AUTISTES ? » selon Claude Dugas, Geneviève Cadoret et coll.³ :
L’intervention en activité physique est essentielle auprès des enfants avec autisme pour plusieurs raisons :
 Elle permet de répondre aux besoins sensorimoteurs immédiats de l’enfant et de favoriser le développement de ses habiletés motrices.
 Elle permet de favoriser son développement fonctionnel plus général. En 1993, Perez et Sevilla ont démontré que meilleur est le niveau d’habiletés motrices de l’enfant avec autisme, meilleures sont les habiletés de loisirs et d’autonomie de la même personne cinq ans plus tard.
 Par l’enseignement de certaines habiletés, elle permet d’enrayer certaines difficultés qu’éprouvent nos sujets. Une question qui revient souvent au sujet de l’activité physique pour les personnes avec autisme est de savoir si l’exercice aérobique peut diminuer le stress ou moduler les comportements hyperactifs ou auto-stimulatoires. Quatre études (Kern et coll., 1982 ; Kern et coll. 1984 ; Levinson et Reid, 1993 ; Watters et Watters, 1980) l’ont démontré.
 
En 2000, Cynthia Leahy, Monica Rarig et Catherime Chambliss ont évalué les effets d’un programme de gymnastique offert à 13 enfants autistes âgés entre 4 et 9 ans. Suite au programme, des modifications favorables du comportement ont été observées chez tous les enfants notamment pour le contrôle de la motricité globale. Au cours d’une autre étude, Morin et Reid (1983) ont constaté que des adolescents autistes de haut niveau pouvaient être très imaginatifs dans des jeux libres avec du matériel.
 
Pour enseigner l’activité physique, il faut absolument tenir compte des caractéristiques de l’enfant : ses goûts, ses habiletés et sa façon d’appréhender les activités. Les enfants avec autisme sont très différents les uns des autres, chaque enfant aura un niveau sensorimoteur particulier, sera ou non capable de communiquer, sera intéressé ou non à telle activité. Il est par conséquent indispensable d’individualiser le plus possible l’intervention.
 
Plusieurs études ont montré que les performances motrices et d’imitation d’enfants avec autisme sont meilleures dans des contextes qui ont un sens que dans des situations « décontextualisées » (Hughes et Russel, 1993 ; Rogers et coll., 1996 ; Stone et coll., 1997). Il est donc recommandé de planifier les apprentissages dans des mises en situation qui ont le plus de sens pour eux, ce qui facilitera d’autant plus la généralisation des acquis à des habiletés plus générales comme les habiletés en loisirs par exemple.
 
En 1992, Weber et Thorpe ont montré que pour l’apprentissage d’habiletés motrices globales, une méthode d’apprentissage basée sur la variation de tâches était plus efficace avec des enfants autistes qu’une méthode basée sur une pratique constante. Cela signifie qu’on peut très bien à l’intérieur d’une séance d’éducation physique varier le contenu des apprentissages et pas forcément concentrer une seule séance sur un seul apprentissage jusqu’à ce que celui-ci soit acquis. Pour les enfants autistes ayant des temps d’attention très courts, il est essentiel d’optimiser leur apprentissage en proposant des tâches variées. Mais attention, il ne faut pas oublier que ces enfants sont réticents et peuvent être perturbés par trop de transitions. Il faut donc le bon compromis entre les deux.
IV « SPORT ET SYNDROME D’ASPERGER » selon Tony Attwood :
Copyright Alicia Prieur-Poirier (2)Il y a des exceptions, et certains enfants Asperger peuvent développer un intérêt et des aptitudes à des sports solitaires plutôt qu’à des sports d’équipe. Ces sports tels que le golf, la natation, le billard, l’escalade et le marathon exigent, pour atteindre un bon niveau, un entraînement solitaire, de la précision, un sens du rythme et du stoïcismeLa détermination monomaniaque des personnes Asperger et le temps qu’elles consacrent à l’entraînement peuvent aboutir à des succès sportifs hors normes.
La plus grande partie du savoir, associé à l’intérêt, est apprise par la personne autodidacte. L’intérêt doit être proposé à cause d’un aspect qui attire ou qui semble important pour l’enfant Asperger, et non pas parce que l’activité est la dernière mode et que l’enfant se doit de « jouir » d’une bonne réputation.
L’intérêt est souvent une activité solitaire et intuitive, menée avec une grande passion, et n’étant généralement pas partagée avec les membres de la famille et les pairs. Le degré d’expertise et de talent peut-être extraordinaire et déboucher sur des succès à l’école ou dans les concours nationaux, (…), et sur une véritable admiration des autres.
V. « MOTRICITÉ ET AUTISME » selon Bernadette Roger :
Des signes tels que l’hypertonie ou l’hypotonie, des anomalies discrètes sur le plan postural, et des problèmes de coordination peuvent être décelés (…). Pour ce qui est de la motricité globale, que le rythme de développement ait été touché au départ ou non, le maintien et les déplacements présentent des particularités. Les mouvements peuvent être pauvres, ralentis ou différés dans leur exécution avec en particulier des difficultés de démarrage du geste. Des postures particulières peuvent être observées comme la tête inclinée sur l’épaule. Dans les déplacements sont notées des anomalies comme le positionnement des bras en flexion ou leur extension, les mouvements d’accompagnement de la marche étant inexistants ou se produisant à contretemps. La marche sur la pointe des pieds qui peut être observée dans le développement normal subsiste à un stade où elle devrait avoir disparu. Des mouvements stéréotypés peuvent interférer et rythmer les déplacements. Quoique fréquente, l’incoordination motrice n’est pas la règle. On enregistre parfois une aisance paradoxale en ce domaine, l’enfant étant alors capable d’adopter des postures à la limite de la rupture d’équilibre, d’escalader des obstacles et de manifester des compétences qui se situent largement au-dessus de son âge. L’hyperactivité ou l’apathie peuvent entraver le fonctionnement. Le niveau d’activité est parfois fluctuant chez un même enfant.
 
Dans le domaine de la motricité fine, les problèmes de coordination peuvent entraver la manipulation précise des objets. La latéralité s’établit tardivement. Elle se définit plus souvent à gauche ou reste indéterminée et les deux mains ont du mal à se coordonner dans une activité complémentaire. La négligence d’une main est fréquemment observée. De manière paradoxale, certains sujets sont par contre capables de réaliser des manipulations fines d’une rare précision. Dans ce cas, la dextérité manuelle est généralement mise au service de comportements répétitifs et dénués de tout caractère fonctionnel.
 
Du point de vue sensoriel, l’enfant présente aussi de multiples anomalies d’apparition précoce. Ces signes sont souvent très marqués avant l’âge de six ans. Les perturbations concernent généralement toutes les réactions atténuées, voire absentes, ou au contraire par des réponses exagérées qui s’accompagnent de réactions d’évitement, et par des conduites entraînant une autostimulation par rapport à la mobilisation du corps qui est source d’inputs sensoriels de nature proprioceptive, kinesthésique ou vestibulaire. Certains enfants présentent des réponses dominées par l’hyporéactivité ou l’hyperréactivité. Cependant, dans la plupart des cas, les deux types de fonctionnement existent chez un même sujet, et c’est donc la fluctuation des réponses qui caractérise le mieux le comportement.
VI. « AUTISME ET PSYCHOMOTRICITÉ » selon Julien Perrin :
 
Alors qu’Hans Asperger (Wings, 1981) décrivait une incoordination motrice et un retard du développement moteur chez tous ces cas témoins, Léo Kanner (1943) apparaissait plus nuancé (« certains étaient un peu gauches dans leurs démarches et leurs activités motrices globales mais tous étaient très adroits en termes de coordination motrice « fine ». (…) De la même façon, Miller et OzoCopyright 2015 Jean-Charles Grellier - École Village-des-Jeunes de Saint-Eustachenoff (2000), (…) il semble que la maladresse motrice ne soit pas spécifique au syndrome d’Asperger.
Enfin, Sipes et al. (2011) montrent que les compétences de socialisation de jeunes enfants porteurs de TSA sont davantage corrélées à leurs compétences motrices globales qu’à leurs compétences motrices fines. L’intensité de la symptomatologie autistique semble donc être en lien avec les particularités motrices rencontrées dans les TED sans qu’il soit pour autant possible de préciser un quelconque lien direct de causalité. On peut envisager, en effet, que les difficultés motrices contribuent à l’aggravation de l’isolement social (évitement des jeux moteurs partagés, absence de compétence motrice valorisante socialement) alors que les jeux moteurs de l’enfance sont d’une grande importance pour l’apprentissage des habiletés sociales avec les pairs. À l’inverse, on peut également envisager que l’isolement social contribue à l’aggravation des difficultés motrices (limitation des expériences motrices partagées, pauvreté des initiatives d’imitation gestuelle).
https://sites.google.com/site/jcgrellierkinesiologue/services-et-tarification/sport-autisme-syndrome-asperger

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