Le sport sur ordonnance, j’y ai droit ?

Le sport est bénéfique pour la santé, c’est bien connu. Dorénavant,il pourra figurer sur les ordonnances destinées aux malades souffrant d’une affection de longue durée.
Le sport est bénéfique pour la santé, c’est bien connu. Dorénavant,il pourra figurer sur les ordonnances destinées aux malades souffrant d’une affection de longue durée. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN

Par Elsa Mari dans Le Parisien

Les bienfaits du sport sont connus depuis des années. La Haute Autorité de santé considère même le sport comme une activité « thérapeutique non médicamenteuse validée » depuis 2011 pour le cancer. L’Organisation mondiale de la santé a même calculé que la sédentarité était la 4e cause de mortalité dans le monde. Si jusqu’à ce 1er mars, le sport était seulement conseillé aux patients, il pourra désormais figurer sur les ordonnances. Mais attention, pas question pour autant de se faire payer par la Sécurité sociale ou sa mutuelle son abonnement à la salle de gym !

Qui est concerné ?


Tous les malades ne peuvent pas en bénéficier. Pour cela, il faut souffrir d’une affection de longue durée. Selon la Sécurité sociale, qui a établi une liste de pathologies, il s’agit « d’affections dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et une thérapeutique ». Parmi elles : les tumeurs, les diabètes de type 1 et 2, les AVC ou la sclérose en plaques. Dix millions de personnes sont concernées selon le ministère de la Santé.PUBLICITÉ

Qui consulter ?


Le décret précise que l’ordonnance doit être rédigée par son médecin traitant. Les malades pourront être accompagnés dans leur traitement par des kinés, des ergothérapeutes, des psychomotriciens et des Enseignants en APA.

Problème : les médecins de famille ne sont pas forcément formés pour prescrire le sport qui vous sera vraiment profitable en fonction de votre pathologie. Les spécialistes de la douleur conseillent aux patients de choisir une activité raisonnée, qu’ils aiment, de bien s’hydrater au cours de l’effort, de s’échauffer et de s’étirer. Par exemple, les malades de la sclérose en plaques doivent éviter un échauffement du muscle, préférer des séances fractionnées, les malades du cancer privilégier une activité assez intensive.

Ces traitements seront-ils remboursés ?


C’est là que le bât blesse. La question du financement n’est pas abordée dans la loi et les séances ne sont pas remboursées par la Sécu, en revanche certaines mutuelles peuvent le faire. Selon Stéphanie Ranque, praticienne hospitalière au centre antidouleur de la Timone, à Marseille, qui a soigné Olivier Guillaume (lire ci-contre) et s’est largement battue pour cette loi, il s’agit donc « d’une première pierre à polir ». Certaines collectivités, comme Strasbourg qui a expérimenté le dispositif, le prennent toutefois en charge, en totalité ou en partie selon les cas. Par ailleurs, des associations ont mis en place des programmes gratuits pour les malades du cancer dans des hôpitaux, comme à Marseille, grâce aux financements publics. L’idéal est donc de s’inscrire dans ce type de dispositifs qui sont amenés à se multiplier.

10 millions de personnes souffrent d’affections de longue durée en France et sont donc éligibles au sport sur ordonnance.

Témoignage : « Mes douleurs ont diminué »

Olivier Guillaume, 43 ans, n’a pas attendu que les médecins français soient autorisés à prescrire une activité physique à leurs patients par décret pour en comprendre les bienfaits. Cet entrepreneur marseillais le sait. Sa dure victoire contre le cancer, il la doit au sport. En mars 2014, alors atteint d’une tumeur à la gorge, il enchaîne les chimiothérapies à l’hôpital de la Timone. Ses médecins lui expliquent que l’activité physique constitue le seul remède contre la fatigue. Dès son arrivée, Olivier s’inscrit au karaté. Les gestes violents sont bannis car inadaptés. Il choisit aussi la danse et l’escrime, sans le combat, entouré d’éducateurs. Les effets sont immédiats. Ses douleurs diminuent de moitié : « C’était spectaculaire. Après chaque séance, je me sentais bien pendant plusieurs jours. » Depuis sa sortie, il est en rémission et s’est mis à courir. Rien ne peut désormais l’arrêter. Il enfile ses baskets et s’élance le long de la Corniche : « Je profite d’être en vie. Dans ces moments, je suis face à moi-même. »

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