Un adulte sur six est obèse en France

Aujourd’hui un article dans le Figaro, du jour …

Un adulte sur six est obèse en France

L’excès de poids reste un problème de santé publique, notamment pour les risques cardio-vasculaires.

Passé 30 ans, plus d’un homme sur deux est en surpoids ou obèse (56,8 %) en France. Avec deux sur cinq (40,9 %), les femmes font un peu mieux. Ces conclusions d’une étude française parue dans le BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire) rappellent que, malgré les vertus maintes fois célébrées de nos habitudes alimentaires, la France n’est pas exemplaire en matière de corpulence. «L’excès de poids reste une problématique de santé publique», résume l’un des auteurs, le Pr Sébastien Czernichow, chef du service de nutrition à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris).

Une comparaison européenne publiée la semaine dernière par Eurostat nous plaçait d’ailleurs en 10e position pour l’obésité, derrière la Roumanie, l’Italie ou la Suède, un tout petit mieux que la moyenne continentale. Obésité et surpoids sont des concepts définis internationalement à l’aide de l’indice de masse corporelle (IMC, calculé en divisant le poids en kilos par la taille en mètre au carré). Un IMC supérieur à 25 décrit l’entrée en surpoids ; l’obésité commence au-delà de 30.

Premières conclusions tirées d’une cohorte de 30.000 Français qui sera suivie pendant des années, les résultats du BEH – 15,8 % d’obésité chez l’homme, 15,6 % chez la femme – sont délicats à replacer dans une tendance générale: les données plus anciennes disponibles pour la France (14,5 % en 2009, 15 % en 2012) portent sur une population plus jeune. «Or on sait que l’obésité augmente avec l’âge, ce qui fausse la comparaison», explique le Pr Jean-Michel Lecerf de l’institut Pasteur de Lille. Toutefois, et pour cette même raison, on était en droit d’attendre un taux d’obésité plus élevé chez les volontaires de la cohorte. «On peut donc avoir l’impression que la situation s’améliore un petit peu en France», analyse-il.

Les femmes sont davantage touchées quand elles sont jeunes

En termes de prévention, le travail publié cette semaine confirme des facteurs de risque connus. En premier lieu, l’âge: la proportion de personnes obèses double quasiment entre les trentenaires (environ 11 %) et les sexagénaires (19 %). Et si les femmes sont davantage touchées quand elles sont jeunes, elles sont rattrapées et dépassées à la cinquantaine par leurs compatriotes masculins. L’obésité se fait par ailleurs plus rare à mesure que les revenus augmentent: à moins de 1000 euros par mois, elle touche près d’un individu sur quatre. Au-delà de 4200 euros mensuels, ils sont moins d’un sur dix.

L’étude du BEH rappelle aussi que le surpoids s’accompagne en général d’un plus grand risque de maladie cardio-vasculaire (infarctus, AVC…) et de diabète. Mais le lien n’est pas systématique et une part non négligeable de personnes obèses se révèlent «métaboliquement saines». «Cela montre bien que l’IMC n’est pas un bon marqueur de risques cardio-vasculaires», explique Sébastien Czernichow. Mais attention: si ces personnes ne sont statistiquement pas surexposées au risque d’infarctus ou d’AVC, par exemple, le raisonnement ne s’étend pas aux autres pathologies liées à l’excès de poids: cancers, dépression, douleurs articulaires…

«Une maladie complexe»

À l’inverse, l’étude explore un facteur de risque cardio-vasculaire peu connu du grand public, mais fiable pour les experts: le tour de taille. Et le tableau n’est pas brillant: 41 % des hommes et 48,5 % des femmes dépassent le maximum recommandé (respectivement 94 et 80 cm). «Il est important de continuer à faire de la prévention contre l’obésité, mais il est aussi temps de ne plus mettre tout le monde dans le même sac, résume Jean-Michel Lecerf. Le discours habituel tend à rendre les personnes obèses responsables de leur santé. Or c’est une maladie complexe qui n’est pas due à la seule alimentation. Elle relève aussi de la génétique, de l’épigénétique, du stress ou encore des troubles du sommeil

http://sante.lefigaro.fr/article/un-adulte-sur-six-est-obese-en-france

Retroouvez l’étude Eurostat ici

http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/7700908/3-20102016-BP-FR.pdf/6a7f5689-11b2-4862-8b29-d5bf59795b87

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